| Après la loi du 11 février 2005, un autre combat… ? Nous savons que le débat sur les AVS est en cours actuellement au sein du groupe "plan métiers" du CNCPH et nous sommes étonnés que les avis soient encore partagés sur ce sujet. Si la scolarisation en milieu ordinaire veut être promue, il faut proposer aux parents de l'enfant handicapé et aux enseignants qui l'accueillent un accompagnement de qualité qui ne peut se faire qu'en passant par un vrai métier ou à défaut une professionnalisation. Comment inciter les parents à demander ou à accepter le milieu ordinaire alors qu'ils savent qu'ils n'auront qu'au compte-goutte un accompagnement de piètre qualité (les exemples sont suffisamment nombreux) par du personnel non formé, non diplômé et par essence précaire, alors que certaines MDPH leur vantent la prise en charge "professionnelle et sans souci" qui leur est proposée par les établissements spécialisés, voire leur reprochent de ne pas avoir fait le choix de l'établissement lorsque la scolarisation en milieu ordinaire ne s'est pas bien passée? Et de la part des enseignants : comment vaincre leur réticence, voir leur hostilité à accepter un enfant, au collège par exemple, où l'intégration est la plus difficile, s'ils ne peuvent compter sur un accompagnement professionnel ? Nos enfants handicapés ont le droit à accéder à un enseignement de qualité, comme les enfants ordinaires, et comme cela se pratique en Europe du nord il devrait être individualisé. Nous avons tous en tête l’exemple de la Finlande dont le système éducatif a montré son efficacité, que l’enfant soit handicapé ou pas. Je suis parent d'une enfant handicapée accompagné par une AVS en collège et sais de quoi il s’agit : depuis presque dix ans nous sommes constamment sur le fil, prêts à intervenir en cas de déséquilibre, avec toujours au dessus de nos têtes l'épée de Damoclès de la possible déscolarisation de notre enfant parce décidemment "ça ne marche pas". Peut-on passer une vie comme cela, avec toujours la peur au ventre que le fragile montage que nous avons mis en place par nous-même bascule? Est-ce cela la continuité du parcours de formation (accessoirement de prise en charge) décrit dans la loi ? Nous représentants de parents d'enfants handicapés sommes scandalisés et épuisés par les atermoiements et volte-face qui se succèdent depuis près de dix ans (!) sur un dossier qui devrait faire l'unanimité et sommes amenés à nous interroger s'il n'est pas victime de pressions de groupes et organisations qui ont intérêt, contrairement aux attentes sociétales, à ce que le système "AVS-scolarisation en milieu ordinaire" ne fonctionne pas? Tout en souhaitant bien entendu nous tromper sur ce point. Marie-Jeanne BOUCHET-BRAUNSTEIN Présidente du CISI
Date de création : 11/06/2007
Dernière modification : 15/04/2008
Catégorie : Le Collectif
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